Mon enfant met des heures à faire ses devoirs : 7 raisons possibles et quoi faire dès ce soir
Par Roger Loaiza Soto, le , 15 min de lecture
Mis à jour le .

Il est 19 heures, le cahier est ouvert depuis le goûter et l'exercice de maths n'a pas avancé d'une ligne. Un enfant qui met des heures à faire ses devoirs n'est presque jamais paresseux : la lenteur est un signal. Fatigue, consigne mal comprise, peur de se tromper, parfois TDAH ou trouble dys : voici comment repérer ce qui bloque, et ce que vous pouvez changer dès ce soir.
Combien de temps les devoirs devraient-ils durer ?
Moins qu'on ne le pense. À l'école élémentaire, les devoirs écrits à la maison ne sont pas autorisés. Au collège et au lycée, un repère issu de la recherche fixe un plafond d'environ 10 minutes par soir et par année de scolarité. « Des heures », c'est donc souvent bien plus que ce que l'école attend.
Le saviez-vous ?
Depuis une circulaire du , « aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif » ne doit être demandé aux élèves de l'école élémentaire hors de la classe. Cette interdiction a été régulièrement rappelée depuis, notamment en : le travail du soir se limite au travail oral et aux leçons à apprendre. Si votre enfant reçoit souvent des exercices écrits, parlez-en simplement avec l'enseignant.
Temps maximal conseillé pour les devoirs, par soir
Un appui existe : Devoirs faits. Ce dispositif offre aux collégiens volontaires un temps pour faire leurs devoirs avec l'aide d'un adulte, dans l'établissement. Il est obligatoire pour tous les élèves de 6e depuis la rentrée 2023, et les élèves en situation de handicap y ont accès, en classe ordinaire comme en ULIS. Renseignez-vous auprès du collège.
Si les devoirs dépassent nettement ces repères, la question n'est pas seulement « pourquoi mon enfant est-il si lent ? », mais aussi « la quantité demandée est-elle adaptée ? ».
Pourquoi mon enfant met-il des heures à faire ses devoirs ? Les 7 raisons possibles
Elles vont de la plus fréquente à la plus spécifique, et plusieurs peuvent se cumuler : un enfant dyslexique est aussi un enfant fatigué le soir. Touchez une carte pour aller directement à l'explication.
Les causes du quotidien, les plus fréquentes
Les pistes à évoquer avec un médecin
1. La fatigue de fin de journée
Une journée d'école complète, avec les transports, la cantine et parfois la garderie, entame sérieusement la capacité de concentration. En fin d'après-midi, ralentir est une réaction normale, pas un manque de volonté. Un sommeil trop court ou des écrans tard le soir aggravent les choses.
Ce qui doit vous mettre sur la piste
- Il bâille, s'affale sur la table.
- Il se trompe sur des choses qu'il sait faire.
- Les devoirs passent bien mieux le mercredi ou le week-end.
Ce qui aide
- Une vraie pause entre l'école et le travail : goûter, bouger, sans écran.
- L'exercice le plus exigeant en premier, tant qu'il reste de l'énergie.
- Un œil sur l'heure du coucher.
2. La difficulté à se lancer et à s'organiser
Beaucoup d'enfants ne sont pas lents à faire : ils sont lents à démarrer. Ils ne savent pas par quoi commencer, voient la pile de travail comme une montagne ou évaluent mal le temps que prendra chaque exercice. Planifier, se mettre en route, s'organiser : ces compétences, appelées fonctions exécutives, se construisent progressivement pendant l'enfance et l'adolescence.
Ce qui doit vous mettre sur la piste
- Vingt minutes pour trouver sa règle ou tailler son crayon.
- Il relit l'agenda sans choisir par où commencer.
- Une fois lancé, le travail avance correctement.
Ce qui aide
- Faire ensemble la liste du soir, en deux minutes.
- Découper chaque devoir en petites étapes.
- Proposer un premier pas minuscule : « écris juste la date et le titre ».
3. Un environnement qui disperse
Un téléphone qui vibre, la télévision dans la pièce voisine, un frère qui joue, un bureau encombré : ignorer ces sollicitations demande un effort permanent. Cette énergie-là n'est plus disponible pour le travail.
Ce qui doit vous mettre sur la piste
- Il lève la tête au moindre bruit.
- Il travaille nettement mieux ailleurs : à l'étude, chez un grand-parent, à la médiathèque.
Ce qui aide
- Le téléphone dans une autre pièce, pas seulement retourné sur la table.
- Une table dégagée, avec le seul matériel de la tâche en cours.
- Un coin de travail toujours le même.
- Pour certains enfants, un adulte à proximité, occupé à une activité calme.
4. Il n'a pas compris la consigne ou la leçon
Un enfant figé devant sa feuille ne refuse pas forcément de travailler : souvent, il ne sait pas par où entrer. Il a pu manquer une étape en classe ou bloquer sur un mot de la consigne (« justifie », « déduis », « compare »). Face à l'incompréhension, beaucoup préfèrent attendre plutôt que risquer une erreur.
Ce qui doit vous mettre sur la piste
- Il fixe la page sans écrire.
- Il demande « je dois faire quoi ? ».
- Il fait autre chose que ce qui est demandé.
Ce qui aide
- Lui faire reformuler la consigne avec ses propres mots.
- Relire ensemble l'exemple de la leçon, puis le laisser essayer.
- Si ça bloque encore, un mot à l'enseignant plutôt qu'une méthode différente de celle de la classe, qui risque de l'embrouiller.
5. La peur de mal faire
Certains enfants veulent que tout soit parfait : ils gomment, recommencent, hésitent avant chaque mot. D'autres ont peur de se tromper parce qu'ils se sentent « nuls ». Et quand les devoirs sont devenus un conflit quotidien, la tension du soir devient elle-même une cause de lenteur.
Ce qui doit vous mettre sur la piste
- Des brouillons à répétition.
- Des larmes ou de la colère à la première erreur.
- Des phrases comme « de toute façon, je suis nul ».
Ce qui aide
- Rappeler que le devoir sert à s'entraîner, pas à être parfait.
- Fixer un temps maximum par exercice.
- Féliciter l'effort et la méthode plutôt que le résultat.
- Si chaque soir finit en dispute, passer le relais à un autre adulte ou à l'aide aux devoirs de l'établissement.
Les deux pistes suivantes ne se vérifient pas à la maison. Les signes décrits peuvent justifier une consultation ; seul un professionnel de santé peut se prononcer.
6. Un trouble de l'attention (TDAH) ?
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité est un trouble du neurodéveloppement. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), il concernerait 5 % des enfants et des adolescents dans le monde. Il touche précisément ce dont les devoirs ont besoin : maintenir son attention, démarrer une tâche, s'organiser, freiner ses impulsions. Les formes où domine l'inattention, sans agitation visible, peuvent passer plus facilement inaperçues.
Signes qui peuvent alerter
- Difficulté à rester sur une tâche, même quand elle l'intéresse.
- Oublis répétés : cahiers, consignes, matériel.
- Agitation ou, à l'inverse, un enfant « dans la lune ».
- Surtout : des difficultés durables, à la maison comme à l'école, qui pèsent sur sa vie.
Ce qui aide en attendant un avis médical
- Des blocs très courts (10 à 15 minutes) et des pauses où il bouge.
- Une seule consigne à la fois.
- Une routine affichée et un minuteur visuel.
- En parler au médecin traitant ou au pédiatre.
7. Un trouble des apprentissages (« dys ») ?
Les troubles dys regroupent notamment la dyslexie, la dysorthographie, la dyspraxie, la dyscalculie et la dysphasie. Selon les données internationales citées devant l'Assemblée nationale en 2025, 6 à 8 % de la population présente au moins un trouble dys. Ils ne traduisent ni un manque d'intelligence ni un manque de travail. Mais pour ces enfants, chaque devoir demande un double effort : lire ou écrire coûte déjà beaucoup d'énergie, avant même d'apprendre.
Signes qui peuvent alerter
- Lecture lente et hachée malgré l'entraînement.
- Grande fatigue après avoir lu.
- Écriture laborieuse, erreurs d'orthographe nombreuses et changeantes.
- Difficultés durables avec les nombres ou la géométrie.
- Un contraste : il comprend bien à l'oral mais peine beaucoup à l'écrit.
Ce qui aide en attendant un avis médical
- Lire les consignes à voix haute avec lui.
- Réduire la quantité d'écrit plutôt que l'exigence : avec l'accord de l'enseignant, écrivez sous sa dictée.
- Des documents aérés, une police plus grande.
- Le médecin traitant oriente vers les bilans : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie.
Quelle piste explorer selon ce que vous observez ?
| Ce que vous observez | Piste à explorer en premier |
|---|---|
| Ça traîne surtout en fin de journée, beaucoup mieux le mercredi ou le week-end | 1 · Fatigue |
| Il met longtemps à se lancer, puis le travail avance | 2 · Démarrage |
| Il décroche au moindre bruit, travaille mieux ailleurs | 3 · Environnement |
| Il reste figé devant la consigne | 4 · Consigne |
| Il gomme, recommence, s'effondre à la moindre erreur | 5 · Peur de mal faire |
| Inattention, oublis, agitation, à la maison comme à l'école, depuis longtemps | 6 · TDAH : à évoquer avec un médecin |
| Lecture ou écriture très lentes malgré l'entraînement, bonne compréhension à l'oral | 7 · Dys : à évoquer avec un médecin |
Que faire dès ce soir ? Le protocole en 5 étapes
Ces ajustements sont utiles quelle que soit la cause. Testez-les plusieurs soirs avant de juger.
-
1
Le sas 20 à 30 min
Goûter, bouger, sortir si possible, sans écran. Le cerveau a besoin d'une vraie coupure avant de repartir.
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2
Le plan 2 min
Listez ensemble les devoirs du soir, estimez le temps de chacun et choisissez l'ordre. Écrivez la liste sur une feuille visible : cocher fait du bien.
-
3
Une seule tâche visible pendant toute la séance
Rangez tout le reste. Pliez le cahier ou cachez la suite de la fiche pour ne laisser apparaître que l'exercice en cours.
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4
Des blocs courts au minuteur 10 à 20 min, puis 3 à 5 min de pause
Un minuteur visuel transforme un effort sans fin en effort limité, donc acceptable : « On travaille à fond sur cette lecture pendant 10 minutes, ensuite on passe à autre chose. »
-
5
Une heure de fin, et un mot si besoin fixée à l'avance
Si le travail n'est pas fini à l'heure prévue, arrêtez quand même et écrivez un mot factuel à l'enseignant : « A travaillé 45 minutes, bloque sur la consigne de l'exercice 3. » Pour lui, c'est une information précieuse, pas un aveu d'échec.
Exemple : une séance de 50 minutes pour un collégien
À faire, à éviter
À faire
- Être là au démarrage, puis s'éloigner un peu.
- Lui faire reformuler la consigne.
- Féliciter l'effort et la méthode.
- Arrêter à l'heure prévue et prévenir l'enseignant.
À éviter
- Faire l'exercice à sa place : l'enseignant ne verra pas la difficulté.
- Réexpliquer avec une méthode différente de celle de la classe.
- Enchaîner tous les devoirs sans pause.
- Comparer avec un frère, une sœur ou un camarade.
L'outil : la grille d'observation « 3 soirs »
Pour savoir ce qui bloque vraiment, observez votre enfant pendant trois soirs de suite, sans intervenir tout de suite, et notez ce que vous voyez. Trois soirs suffisent souvent pour voir un schéma apparaître.
| À noter | Soir 1 | Soir 2 | Soir 3 |
|---|---|---|---|
| Heure de début et de fin | |||
| Temps réellement passé à travailler | |||
| Matière et type de tâche (lire, écrire, apprendre, calculer) | |||
| Moment du blocage (démarrer, lire la consigne, comprendre, écrire, mémoriser) | |||
| Ce qui l'a distrait | |||
| Son humeur avant et après | |||
| Ce qui a aidé |
Au bout de trois soirs, regardez ce qui se répète et reportez-vous au tableau des pistes. La grille est aussi un excellent support pour un rendez-vous avec l'enseignant ou le médecin : vous arrivez avec des faits, pas seulement une impression.
Astuce : imprimez ce tableau ou recopiez-le dans un carnet.
Quand faut-il en parler à l'enseignant ou à un médecin ?
Lisez la situation comme un feu tricolore : plus elle dure et plus elle déborde de la maison, plus il faut vous faire aider.
Situation : les devoirs traînent certains soirs, surtout quand il est fatigué.
Action : ajustez le cadre à la maison avec le protocole en 5 étapes.
Situation : les devoirs dépassent largement les repères depuis plusieurs semaines, malgré vos ajustements.
Action : prenez rendez-vous avec l'enseignant, grille d'observation en main.
Situation : votre enfant souffre (pleurs, maux de ventre le soir, refus d'aller à l'école), les difficultés durent depuis des mois et se voient aussi en classe, ou l'écart entre l'oral et l'écrit est frappant.
Action : consultez votre médecin traitant ou votre pédiatre.
Le parcours, étape par étape
Étape 1
L'enseignant ou le professeur principal
Venez avec votre grille. Demandez : est-il aussi lent en classe ? Combien de temps ce travail devrait-il prendre ? Peut-on alléger ou prioriser certains devoirs un temps ?
Étape 2
Le médecin traitant ou le pédiatre
Premier interlocuteur si vous pensez à un TDAH ou à un trouble dys. Il examine votre enfant, écarte d'autres causes et oriente vers les bilans adaptés : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie ou bilan neuropsychologique.
Étape 3
Les aménagements à l'école
Si un trouble des apprentissages est confirmé, un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) peut prévoir des adaptations pédagogiques. Il est proposé par l'équipe pédagogique ou demandé par la famille, après avis du médecin de l'Éducation nationale.
Pour un élève dont le handicap est reconnu, ce n'est pas le PAP qui s'applique mais un projet personnalisé de scolarisation (PPS), à demander auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).
Les mots à connaître
- Devoirs faits
- Dispositif du collège qui offre un temps pour faire ses devoirs avec l'aide d'un adulte, dans l'établissement. Obligatoire en 6e depuis la rentrée 2023.
- Fonctions exécutives
- Capacités qui permettent de planifier, de démarrer une tâche, de rester concentré et de s'organiser.
- TDAH
- Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. C'est un trouble du neurodéveloppement ; seul un médecin peut l'établir.
- Troubles dys
- Troubles spécifiques des apprentissages : dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie… Ils ne sont pas liés à un manque d'intelligence.
- PAP (plan d'accompagnement personnalisé)
- Document qui prévoit des aménagements pédagogiques pour un élève dont les difficultés durables viennent d'un trouble des apprentissages.
- MDPH
- Maison départementale des personnes handicapées. C'est elle qu'on sollicite, par exemple, pour un projet personnalisé de scolarisation (PPS).
Questions fréquentes
Combien de temps un enfant doit-il passer sur ses devoirs ?
À l'école élémentaire, les devoirs écrits à la maison sont interdits : le travail du soir se limite aux leçons et au travail oral. Au collège et au lycée, un repère issu de la recherche fixe un maximum d'environ 10 minutes par soir et par année de scolarité : autour d'une heure en 6e, d'une heure et demie en 3e et de deux heures au plus en terminale.
Mon enfant est-il simplement paresseux ?
Très rarement. La lenteur a presque toujours une cause : fatigue, difficulté à démarrer, incompréhension, anxiété ou, plus rarement, un trouble de l'attention ou des apprentissages. Observer avant de juger permet de trouver laquelle.
Faut-il rester à côté de son enfant pendant les devoirs ?
Être présent au démarrage aide beaucoup : vérifier qu'il a compris la consigne, l'aider à planifier. Ensuite, restez disponible sans être collé à lui. L'objectif est qu'il gagne en autonomie : l'aider à trouver, sans faire à sa place.
Les devoirs écrits sont-ils autorisés à l'école primaire ?
Non. Une circulaire du 29 décembre 1956, régulièrement rappelée depuis, interdit les devoirs écrits à faire hors de la classe à l'école élémentaire. Le travail du soir doit se limiter aux leçons et au travail oral. Si votre enfant en reçoit souvent, parlez-en simplement avec l'enseignant.
Comment savoir s'il s'agit d'un TDAH ou d'un trouble dys ?
Seul un professionnel de santé peut le dire, après examen et bilans. Les signaux qui justifient une consultation : des difficultés présentes depuis plusieurs mois, visibles à la maison comme à l'école, et qui résistent aux ajustements. Commencez par votre médecin traitant ou votre pédiatre.
Pour finir
Quand les devoirs durent des heures, le premier réflexe est souvent de pousser plus fort. C'est rarement ce qui marche. Observer trois soirs, ajuster le cadre et en parler avec l'enseignant permet, dans la plupart des cas, de comprendre ce qui coince et de retrouver des soirées plus calmes. Et si la difficulté persiste, ce n'est pas un échec de votre part : c'est le signe qu'il est temps de vous faire aider.
Sources documentaires
- Question écrite n° 19422 (14e législature), réponse ministérielle sur les devoirs à la maison
Assemblée nationale (réponse du ministère de l'Éducation nationale). Publication : . Consultation : .
- Suppression des devoirs à la maison
Éducation nationale, circonscription d'Oullins (académie de Lyon). Publication : . Consultation : .
- Devoirs faits, un temps dédié pour accompagner les collégiens dans la réalisation de leurs devoirs
Ministère de l'Éducation nationale (Éduscol). Publication : . Consultation : .
- Is homework a necessary evil? (Kirsten Weir, vol. 47, n° 3)
American Psychological Association (APA), revue Monitor on Psychology. Publication : . Consultation : .
- TDAH de l'enfant et adolescent : former plus de professionnels pour réduire les délais de prise en charge (communiqué de presse)
Haute Autorité de santé (HAS). Publication : . Consultation : .
- Compte rendu n° 41, audition de Mme Nathalie Groh, présidente de la Fédération française des dys (FFDys)
Assemblée nationale. Publication : . Consultation : .
- Le plan d'accompagnement personnalisé, circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015
Ministère de l'Éducation nationale (Bulletin officiel n° 5 du 29 janvier 2015). Publication : . Consultation : .